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July 26 Cinq Semaines En Ballon - Chapitre VIICHAPITRE VII EN CE JOUR DU 23 AVRIL, le ballon parcourt une distance de plus de trois cent quinze milles. La région qu'il survole est immense. - Nous traversons sans doute le royaume d'Usoga, dit le docteur. - Est-ce que cette région est habitée? Demande Joe. - Oui, et mal habitée. On appelle ses habitants les Nyam-Nyam, et ce nom reproduit le bruit que l'on fait lorsqu'on mange. Ces peuples sont considérés comme anthropophages… La nuit devient obscure et le docteur accroche le ballon à un arbre. Ils s'endorment chacun à leur touro Dick est de garde lorsqu'il entend soudain un sifflement. Est-ce un cri d'animal? Est-ce que ce cri sort d'une bouche humaine? Dick met Ia main sur l'épaule du docteur et le réveille. Puis il réveille Joe et il leur raconte ce qu'il a entendu. Joe et Dick prennent leurs fusils et descendent dans l'arbre; ils voient un groupe important de Noirs qui montent dans l'arbre pour essayer d'arriver jusqu'au ballon et ils tirent sur eux pour les faire fuir. Les Noirs partent en criant. Mais au milieu des cris, une voix humaine dit ces mots en français: - À moi! À moi! Kennedy et Joe remontent dans la nacelle. Vous avez entendu? leur demande le docteur. Il y a un Français et il est prisonnier. C'est sûrment un voyageur, peut-être un missionaire. Nous devons tout faire pour pour le sauver! - À moi! À moi! répète Ia voix, plus faiblement. - Il faut lui faire savoir que nous voulons lê sauver, dit Fergusson. Et debout dans l'obscurité, il crie: - Ayez confiance ! Trois amis vont vous sauver! Un cri terrible leur répond. - Nous avons encore deux cents livres de lest, dit le docteur. Si ce prisonnier pèse autant que nous, il nous restera encore soixante livres à jeter afin de monter plus rapidement. Nous allons descendre et le sauver. Joe jettera le lest au moment où nous mettrons ce pauvre homme dans Ia nacelle. À cent pieds au-dessous du ballon, il y a un jeune homme ele trente ans, à demi nu, maigre, couvert de sang, qui est couché par terre. - C'est un missionnaire, dit Joe. - Pauvre homme! répond Dick. Il faut le.sauver. La nacelle s'approche du sol. Le docteur prend le missionnaire sous les bras et le monte dans Ia nacelle. Au même instant, Joe jette les deux cents livres ele lest et le ballon s'éleve. - Hourra! crient les trois hommes. Le Français ouvre les yeux. - Vous êtes sauvé, lui dit le docteur. - Je vous remercie; mais je ne vais pas vivre bien longtemps. Et le missionnaire s'endort à nouveau. Le docteur le couche sur une couverture, lave ses blessures et lui donne un peu d'alcool pour le ranimer. Le lendemain, le malade semble alIer mieux. Il appelIe ses nouveaux amis. - Comment allez-vous? lui demande Fergussan. - Mieux! répond-il. Mais qui êtes-vous? - Nous sommes des voyageurs anglais, répond Samuel, et nous traversons l'Afrique en balIon. Mais le soir, le missionnaire va plus mal. - Mes amis, dit-il, je vais mourir. Mettez-moi à genoux. Kennedy le souleve, mais le missionnaire retombe aussitôt dans les bras du chasseur. - Mort! dit le docteur, Demain matin nous l'enterrerons dans cette terre d'Afrique. Le Victoria descend. Kennedy et Joe font un trou profond pour enterrer le missionnaire. Le docteur reste immobile. Il pense. - A quoi penses tu, Samuel? Iui demande Dick. - Je pense que ce missionnaire, qui vivait dans Ia pauvreté, est enterré maintenant dans une mine dior! - Une mine d'or! disent en même temps Kennedy et Joe. Impossible! - Et pourtant c'est bien une mine d'or, répond tranquillement le docteur. Ces pierres sur lesquelles vous marchez, et qui ressemblent à des pierres ordinaires, contiennent en fait de l`or. - C'est impossible, impossible! répete Joe. Et il court comme un fou d'une pierre à l'autre. - Tranquille, Joe! lui dit son maitre. Réfléchis! À quoi peut bien nous servir cet or? Nous ne pouvons pas l'emporter. C'est trop lourd pour notre nacelle. - Mais nous ne pouvons pas abandonner ces richesses, se plaint Joe. - Nous ne sommes pas venus ici pour chercher Ia fortune, déclare le chasseur. - Mais enfin, dit Joe, nous pouvons remplacer Ie sable du lest par de l'or. - D'accord, Iui répond le docteur. Mais tu ne feras pas Ia grimace chaque fois que nous jetterons quelques milliers de livres par-dessus la nacelle. Cinq Semaines En Ballon - Chapitre VICHAPITRE VI LES VOYAGEURS ont quitté Zanzibar depuis cinq jours seulement et Samuel Fergusson se sent ému: il vient enfin d'apercevoir à l'horizon ce lac tant cherché, que le capitaine Speke a vu lê 3 août 1858 et qu'il a appelé Nyanza Victoria. Les voyageurs lancent leur ancre sur un arbre et le Victoria devient imobile. Mais ils ne peuvent pas descendre à terre car des armées de moustiques couvrent le sol. - Demain, si le vent est favorable, dit le docteur, nous irons vers le nord et nous découvrirons peut-être les sources du Nil, ce secret que personne ne connaît. Le mercredi 23 avril, le Victoria part vers nord. - Aujourd'hui, nous verrons le Nil, dit le docteur. Je suis sûr que ce fleuve prend sa source dans ce lac. - Nous verrons bien, répond Kennedy. Le docteur Fergusson observe le pays avec attention. - Regardez! dit-il à ses deux compagnons, nous sornmes au-dessus d'un fleuve et ce fleuve est surement le Nil! Le docteur Fergusson montre une île au rnilieu du fleuve. - Regardez! C'est l'île de Benga. Nous allons descendre. - Elle semble habitée, monsieur Samuel. - Joe a raison; il y a un groupe d'une vingtaine d'indigènes. Le Victoria s'approche de lîle. Les Noirs, qui appartiennent à Ia tribu de Makado, poussent de grands cris. Kennedy fait feul et les indigènes se jettent dans le fleuve. - Descendons, dit le docteur. Il emmène ses compagnons vers un groupe de rochers et semble chercher quelque chose. Tout d'un coup, il prend le bras de Dick: - Regarde! dit-il. - Des lettres! s'écrie Kennedy. En effet, deux lettres sont gravées sur le rocher: A.D. - A.D., dit le docteur Fergusson. Andréa Debono! La signature du voyageur qui est arrivé le plus loin sur le Nil! - C'est bien le Nil! Nous ne pouvons pas nous tromper! Dix minutes après, le Victoria reprend sa rute dans les airs. - Mes amis, dit le docteur à ses deux compagnons, nous commençons maintenant véritablement notre traversée de l'Afrique. Jusqu'ici, nous avons suivi les pas d'autres explorateurs, mais maintenant nous partons dans l'inconnu. Cinq Semaines En Ballon - Chapitre VCHAPITRE V
Kazeh n´est pas vraiment une ville. C´est un ensemble de casesl avec de petites cours et de petits jardins, de grands arbres et une grande place pour le marché. C'est le rendezvous des caravanes2; celles du Sud qui apportent des esclaves et de l'ivoire; celles de l'Ouest qui vendent du coton et des verroteries4 aux tribus des Grands Lacs. Sur le marché, il y a une agitation permanente, un brouhaha5 sans nom composé du cri des porteurs, du son des tambours, du braiement6 des ânes, du chant des fernmes, des cris des enfants ... Tout à coup hommes, femmes, enfants, esclaves, marchands, Arabes et Noirs, tout le monde disparaît. Le Victoria vient d'apparaître dans les airs. - Bon, dit le docteur; ces indigènes? ont eu peur mais ils vont bientôt revenir. Le Victoria s'approche de la place et Joe accroche une ancre au sommet d'un arbre. Les indigènes apparaissent à nouveau. Plusieurs " Waganga ", les sorciers de l'endroit, s'avancent. Les femmes et les enfants entourent la nacelle et tendent les mains vers le ciel. - C'est leur manière de supplier, dit le docteur Fergusson; et cela veut dire que nous sommes des personnes importantes. Un sorcier fait un geste et toute la foule se tait. Puis il adresse quelques mots en arabe aux voyageurs. Le docteur
comprend alors que les indigènes croient que le Victoria est la Lune en personne. Il répond avec une grande dignité que la Lune visite ses terres tous les mille ans, et qu'ils peuvent demander ce qu'ils veulent. Le sorcier répond que le sultan, le " Mwani ", est malade depuis plusieurs années et il invite les fils de la Lune à aller le
voir. - Tu vas aller voir ce roi ? demande le chasseur a FergussOn. - Bien sûr, nous n'avons rien à craindre. - Mais que vas-tu faire? - Sois tranquille, mon cher Dick. J'ai quelques médicaments ... Puis, s'adressant à la foule: - La Lune a eu pitié de votre sultan et elle nous envoie pour le guérir. La foule commence a chanter pour remercier les enfants de la Lune. - Maintenant, mes amis, dit le docteur Fergusson, il faut nous organiser; nous pouvons, à un moment donné, être obligés de repartir rapidement. Je vais aller voir ce sultan. Joe restera au pied du balIon et toi, Dick, reste dans la nacelle. Il est trois heures de l'après-midi et le soleil brille. Fergusson part lentement vers le palais du sultan, accompagné par
la foule. Il entre dans le palais et s'avance vers le lit du malade: c'est un homme de quarante ans, abruti par l'alcool. Le docteur ranime un instant il sultan et la foule pousse des cris pour le remercier. Fergusson sort du palais et se dirige
rapidement vers le Victoria. Il est six heures du soir. Soudain, la foule se met à courir derrière lui en hurlant. Les sorciers ont l'air très en colère. Le docteur arrive enfin
au pied du ballon et il monte rapidement dans la nacelle, suivi de Joe. - Ne perdons pas de temps et coupons la corde, dit-il a ses compagnons. - Mais que se passe-t-il? demande Joe. - Regardez! répond le docteur en montrant le ciel: la Lune! La Lune, en effet, se lève, rouge et magnifique. Elle ressemble à une boule de feu dans le del bleu. C'est bien la Lune! La Lune et le Victoria. Ou II y a deux Lunes, ou les étrangers ne sont que des faux dieux! Voilà ce que pense la foule et
pourquoi elle court derrière Fergusson. Les habitants de Kazeh comprennent que les faux dieux vont s'échapper et ils poussent des cris. Un sorcier s'approche du ballon. Il grimpe dans l'arbre où est accrochée l'ancre. - Je coupe la corde? demande Joe. - Attends, répond le docteur. - Mais ce sorder ... À ce moment, le sorcier decroche l'ancre de l'arbre. Mais le Victoria s'envole et le sorcier, accroché à l'ancre, s'envole
egalement. - Un petit voyage ne lui fera pas de mal, dit Kennedy en riant. - Est-ce que nOus allons lâcher cet homme tout d'un coup? demande Joe. - Non, répond le docteur. Nous le redescendrons tranquillement à terre. Après une telle aventure, les habitants de Kazeh lui donneront encore plus de pouvoirs. Une demi-heure plus tard, le docteur, voyant le pays désert, se rapproche de la terre et rend sa liberté au sorcier. Cinq Semaines En Ballon - Chapitre IVCHAPITRE IV
QUELQUES HEURES PLUS TARD, le Victoria s'approche du sol. Joe lance les ancres et le ballon devient immobile. - Maintenant, dit Fergusson, prends deux fusils, ami Dick, un pour toi et l'autre pour Joe, et essayez de rapporter de beaux morceaux d'antilope1 pour notre diner. - Partons! crie Kennedy. Les deux hommes descendent de la nacelle. - Ne vous envolez pas, mon maître, crie Joe. - Sois tranquille, mon garçon. Bonne chasse! Je vais observer le pays sans descendre de la nacelle et, s'il y a un danger, je tire un coup de fusil. Après une demi-heure de marche, Joe et Dick arrivent dans une forêt. - Cela fait du bien de marcher, monsieur Dick. Kennedy fait signe à son compagnon de se taire et de s'arrêter: une dizaine d'antilopes boivent au bord d'une rivière. Kennedy tire un coup de fusil et une antilope tombe. C'est un magnifique animal. Joe prépare la viande. - Savez-vous à quoi je pense, monsieur Dick? - Sans doute à tes biftecks, répond le chasseur. - Pas du tout! Et si nous ne retrouvons pas le Victoria? - Quelle idée! Tu veux que le docteur nous abandonne? - Non, mais si l'ancre se détache... - Impossible! À ce moment, ils entendent un coup de fusil. - Un danger pour nous, dit Dick. - Ou peut-être pour lui! répond Joe. - En route! Ils entendent un second coup de fusil. - Dépêchons-nous! crie Joe. Ils voient enfin le Victoria. Il est bien à sa place et le docteur est dans la nacelle. - Un groupe de Noirs entourent la nacelle, dit Joe. En effet, à deux milles de là, une trentaine d'hommes entourent le ballon en gesticulant1 et en hurlant. Quelques-uns, montés dans l'arbre oú est accrochée l'ancre, s'avancent sur les branches les plus hautes pour essayer de monter dans la nacelle. - Mon maître est perdu! dit Joe. Un nouveau coup de fusil part de la nacelle et atteint un corps qui grimpe1 par la corde de l'ancre. Le corps sans vie tombe de branche en branche et reste suspendu à une vingtaine de pieds du sol, ses deux bras et ses deux jambes se balançant dans l'air. - Hein? fait Joe en s'arrêtant. Par Où diable se tient cet animal-là? - Peu importe, répond Dick. - Ah, monsieur Kennedy, s'ecrie Joe, en éclatant de rire; par sa queue! C'est un singe! Ce sont des singes! - Ça vaut mieux que des hommes! répond Kennedy. Les deux hommes tirent quelques coups de fusil sur les anitnaux qui partent aussitôt. Peu après, le Victoria s'élève dans l'air et se dirige vers l'est. Vers sept heures, le ballon vole au-dessus de Kanyemé puis il s'approche du Mdaburu. Le vent tombe et, en voyant ce calme de la nature, le docteur decide de passer la nuit dans les airs.
* * *
Le lendemain matin, ils reprennent leur route. - Voilà Jihoue-la-Mkoa, dit le docteur. Nous allons nous arrêter un instant pour prendre de l'eau. Vers deux heures, par un temps magnifique, le Victoria est au-dessus de la ville de Kazeh, située à trois cent cinquante
milles de la côte. - Nous sOmmes partis de Zanzibar à neuf heures du matin, dit le docteur Fergusson; et après deux jours de traversée, nous avons parcouru près de cinq cents milles. Les capitaines Burton et Speke ont mis quatre mois et demi pour faire le même chemin. July 25 Cinq Semaines En Ballon - Chapitre IIICHAPITRE III
Le 19 avril, à six heures du matin, le ballon est prêt à partir. Kennedy s´approche du docteur, lui prend la main et dit: Às seis horas da manhã, no dia 19 de abril, o balão está pronto para partir. Aproximando-se do doutor, Kennedy pega-lhe a mão e diz: - Tu es donc décidée à partir, Samuel? - Você está mesmo decidido a partir, Samuel? - Oui. - Sim. - Tu reconnais que j'ai fait tout ce que j'ai pu pour empêcher ce voyage? - Você que tentei de tudo para impedir essa viagem. - Tout. - De tudo. - Alors, j´ai la conscience tranquille, et je t´accompagne. - Então, tenho a consciência tranqüila para lhe acompanhar. - J'en étais sûr, repond le docteur. - Eu sabia, responde o doutor. À neuf heures, les trois compagnons montent dans la nacelle? Le docteur allume le chalumeau pour chauffer le gaz contenu dans l'enveloppe du ballon. Et le ballon commence a se soulever. Às nove horas, os três companheiros sobem na gôndola do balão. O doutor acende o maçarico para aquecer o gás contido no envelope do balão. E o balão começa a se elevar. - Mes amis, dit le docteur, donnons à notre balIon un nom qui lui portera bonheur! Appelons-le le Victoria! Et peu après, le Victoria s´élève dans les airs. Pendant les premières heures du voyage, les trois compagnons regardent émerveillés le paysage. Le pays est très vert. Ils survolent1 de nombreux villages et partout les habitants poussent des cris de stupéfaction en
voyant le Victoria. Le ballon se déplace à une vitesse de douze milles à l'heure et il se trouve bientôt au-dessus du village de Tounda. - C'est là,dit le docteur, que Burton et Speke ont souffert de fièevres violentes. Ils n'étaient pás très loin de la côte et
cependant ils étaient déjà fatigués, et la nourriture commençait à manquer. En effet, dans cette région, les habitants ont tous la malaria2; heureusement, le docteur peut éviter cette maladie en
élevant le ballon au-dessus de cette terre humide. Le paysage change et les villages deviennent plus rares. - Est-ce que nous allons voyager pendant la nuit? demande le chasseur. - Non, repond le docteur. Nous ne devons pas seulement traverser l'Afrique, nOuS devons aussi la voir. Vers six heures et demie du soir,le Victoria se trouve en face du mont Duthumi. Il passe par-dessus et, a huit heures, il
descend le côte opposé. Joe lances les ancres hors de la nacelles et l´une d´elles s'aceroche à la branche d'un arbre énorme.
Il se laisse glisser le long de la corde et l´attache solidement. Le ballon reste immobile et les trois compagnons préparent le repas dus soir. Les trois hommes décident de diviser la nuit en trois quarts: comme cela ils pourront tous dormir à tour de rôle. Le
docteur prend le quart de neuf heures, Kennedy celui de minuit et Joe celui de trois heures du matin.
***
Le samedi matin, en se réveillant, Kennedy est fatigué et il a de la fièvre. - Ce n'est pas étonnant, mon cher Dick, lui dit le docteur, car nous nous trouvons dans la région la plus insalubre3 de
l'Afrique. Mais nous n'allons pas y rester longtemps. En route! Joe décroche l'ancre et le Victoria reprend son vol, poussé par un vent fort. Kennedy souffre beaucoup. - Regarde si tu as un fébrifuge4 dans ta pharmacie, Samuel. Un peu de patience, mon cher Dick, lui dit le docteur Fergusson, et tu seras bientôt guéri. Je n´ais rien dans ma pharmacie mais je vais te guérir avec quelque chose de très nature! - Et qu´est-ce que tu vas faire? C´est bien simple. Je vais tout simplement monter au-dessus de ces nuages et m'éloigner d´ici. Dans dix minutes tu sentiras l'influence de l´air pure et du soleil. Le Victoria monte à une hauteur de quatre milles pieds, On ne voit plus la terre. Trois heures plus tard, Kennedy ne sent
plus aucun frisson de fièvre et il déjeune avec appétit. - Nous avons bien fait de traverser ce pays en ballon et non pas à pied, explique Fergusson. Le jour, il fait une chaleur
humide, et la nuit un froid insupportable... Sans parler des animaux féroces1 et des habitants de ces terres qui sont tout
aussi cruels. Les voyageurs qui l'ont traversé à pied avant nous ont dû marcher dans cette boue2 malsaine3 et ils ont vu mourir la moitié de leurs bêtes. July 09 Cinq Semaines En Ballon - Chapitre IICHAPITRE II
LE BALLON du docteur Fergusson est très particulier: il y a en réalité deux ballons d'inégale grandeur et le plus petit est à l'intérieur du plus grand. Les deux balIons peuvent communiquer entre eux. Le balIon extérieur a une forme allongée1: son diamètre2 horizontal est de cinquante pieds* et son diameter vertical de soixante-quinze. *** Le bateau arrive dans le port de Zanzibar le 15 avril, à onze heures du matin. Le consul1 anglais, qui connaît par les journaux d'Europe le projet du docteur Samuel Fergusson, va accueillir les voyageurs sur le bateau. Il apprend au docteur qu'il a reçu plusieurs lettres du capitaine Speke. Le capitaine et ses compagnons, lui dit-il, ont souffert de la faim et du mauvais temps avant d'arriver au pays d'Ugogo.O barco chega ao porto de Zanzibar no dia 15 de abril, as onze horas da manha. O consul ingles, que ficou sabendo pelos jornais da Europa sobre o projeto do dr. Samuel Fergusson, vai ao barco receber os viajantes. Ele informa o doutor que recebeu diversas cartas do capitao Speke. O capitao e seus companheiros, diz-lhe ao doutor, sofreram com a fome e com o mau tempo antes de chegar ao pais de Ugogo. - Nous n'aurons pas ce genre de problèmes, repond le docteur. - Nao teremos esse tipo de problema, respondeu o doutor. Le 18 avril, le ballon est prêt et les voyageurs dinent pour la dernière fois à la table du capitaine et de ses officiers. No dia 18 de abril, o balao ficou pronto e os viajantes fizeram um ultimo jantar junto ao capitao e aos oficiais. July 01 Cinq Semaines En Ballon - Chapitre ICHAPITRE I
Capítulo I
Na edição do dia 15 de janeiro, o Daily Telegraph publica o seguinte artigo: "O dr. Samuel Fergusson tem a intenção de atravessar num balão toda a África, de leste a oeste. O ponto de partida desta viagem será a ilha de Zanzibar e o ponto de chegada, desconhecido. O dr. Fergusson propôs, ontem, oficialmente esta exploração científica à Sociedade real de geografia." * * * Le docteur Fergusson a un ami: Dick Kennedy. Les deux homrnes sont très différents. Dick Kennedy est un Écossais fort et entêté3. C'est un très bon chasseur. Les deux amis se sont connus en Inde. Dick chassait le tigre et l'éléphant Samuel cherchait des plantes et des insectes. Depuis, les deux hommes sont restés très amis et ils se voient souvent. Na mesma noite, Kennedy toma um trem e, no dia seguinte, esta' em Londre. Quarenta e cinco minutos depois, ele chega a casa de seu amigo. Fergusson lui ouvre lui-même la porte. - Dick? Que fais-tu à Londres? lui demande-t-il. - Ce que raconte le journal est vrai? - Ces journaux sont bien indiscrets! Mais assois-toi donc, mon cher Dick. - Je ne veux pas m'asseoir! Tu as vraiment l'intention de faire ce voyage? - Parfaitement, et je le prépare déjà. Mais sois tranquille, j'ai bien l´intention de t'emmener avec moi! - Tu parIes sérieusement? demande le chasseur. Et si je ne veux pas t'accompagner? Mon cher Samuel, ce voyage est impossible! Tu as pensé aux dangers, aux difficultés? - Les difficultés, répond sérieusement Fergusson, existent pour être vaincues. - Mais enfin, dit le chasseur après une heure de discussion, si tu veux absolument traverser l'Afrique, pourquoi ne le fais-tu pas par la route? - Pourquoi? Mais parce que tous ceux qui ont essayé de le faire par la route ont échoué1! Avec mon balion, tout est possible et je n'ai rien à craindre2. Si j'ai trop chaud, je monte; si j'ai froid, je descends; les montagnes, les précipices3, les fleuves ne sont plus des obstacles4. Je marche sans me fatiguer et je m'arrête quand je le veux, et non pas parce que je suis fatigué. De plus, le gouvernement anglais a promis que trois ou quatre navires se trouveront sur la côte occidentale5 a l'époque où j'arriverais. Dans trois mois au plus je dois être à Zanzibar pour gonfler mon balIon, et de là nous partirons... - Nous? demande Dick. - Comment? Tu n'es pas encore décidé? - Si tu veux voir le pays, monter et descendre comme tu le veux, tu ne pourras pas le faire sans perdre ton gaz ... - Mon cher Dick, je ne perdrai pas de gaz. - Et tu descendras quand tu le voudras? - Je descendrai quand je le voudrai. - Et comment vas-tu faire? - Ceci est mon secret, ami Dick.
***
Le docteur Fergusson a un domestique qui s'appelle Joe. Joe a une confiance absolue en son maître et c'est un serviteur fidèle, qui a déjà accompagné son maître dans plusieurs voyages. C'est pourquoi quand le docteur parle de traverser l'Afrique en balIon, Joe n'a aucun doute: le voyage va se faire et il va partir avec son maître. ton poids», vous irez. - Je n'irai pas. À ce moment, le docteur entre dans son cabinet de travail où a lieu cette conversation. Il regarde son ami et lui dit: - Dick, viens avec Joe; j'ai besoin de savoir ce que vous pesez tous les deux. - Mais... - Tu pourras garder ton chapeau sur la tetê pendant le pesage. Viens. Et Kennedy le suit. |
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